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Myriophylle à épi

Le myriophylle à épi est une plante aquatique envahissante qui, pour nos lacs, est l’équivalent d’une espèce extra-terrestre extrêmement agressive… sans ennemi naturel. Cette plante vivace originaire d’Europe, d’Asie et d’Afrique du Nord s’adapte facilement à tous les milieux (lacs, étangs, rivières, milieux humides) et à toutes les conditions, pousse sous l’eau à des profondeurs pouvant aller jusqu’à dix mètres, connaît une croissance rapide qui débute tôt au printemps (dès que la température de l’eau atteint 15 degrés), se répand très vite et forme des herbiers denses (300 tiges par mètre carré!) aussi bien sous l’eau qu’en surface, ou elle s’étale en tapis.

Un ennemi redoutable

Alors, le myriophylle à épi, en formant de grandes colonies, rivalise avec les plantes indigènes pour la lumière et les nutriments et réduit la biodiversité. En tapis, cette plante bloque les rayons du soleil et cause du tort aux autres plantes, et elle favorise la prolifération des moustiques. Elle nuit aux activités récréatives comme la navigation de plaisance (en s’enroulant autour des hélices), la pêche (lancez votre ligne à l’eau et vous attraperez…des tas de myriophylle!), le ski nautique (pour des raisons évidentes) et, bien sûr la baignade.

Son arme secrète : le myriophylle se multiplie extrêmement facilement, car son principal mode de reproduction est le bouturage, c’est-à-dire la fragmentation de la tige. Autrement dit, si vous passez dans une colonie de myriophylle à épi en bateau de plaisance et que l’hélice du moteur sectionne les tiges en mille morceaux, vous obtiendrez mille nouveaux plants. Chaque petit fragment de la plante peut former de nouvelles racines et aller s’implanter ailleurs. C’est ce qui rend cet envahisseur extrêmement difficile à contrôler et à éliminer. Même mort (car le myriophylle meurt chaque année lorsque les températures hivernales arrivent) cette plante exotique continue de nuire: elle se dépose sur le fond où elle se décompose en utilisant l’oxygène dissous dans l’eau, ce qui contribue à diminuer la concentration en oxygène du lac. Cet appauvrissement en oxygène peut causer la mort de certaines espèces de poisson et réduire encore la biodiversité. Ce facteur, combiné au fait que les peuplements denses de myriophylle mènent à l’élimination naturelle des autres espèces de plantes aquatiques indigènes associées à la présence de plusieurs espèces fauniques, a un impact bien réel sur l’environnement.

Pourquoi devrions-nous nous donner la peine de tenter de l’éradiquer ?

Posez la question aux riverains de lacs contaminés : dommageable pour l’environnement, la présence de myriophylle dans un lac est désagréable pour la vue et pour les activités récréatives, néfaste pour le tourisme et la villégiature, et elle réduit aussi la valeur des propriétés. Les associations de riverains de lac contaminés vous le diront : mieux vaut prévenir que guérir. En effet, une fois le myriophylle à épi installé, il est pratiquement impossible de l’empêcher de se propager. Il existe bien sûr un arsenal de moyens pour lutter contre le myriophylle, allant de l’arrachage manuel par des plongeurs à l’arrachage avec aspiration, en passant par l’installation au fond de l’eau de bâches en toile de jute ou en géotextile. Dans tous les cas, il s’agit d’opérations coûteuses et toujours à recommencer, puisque la repousse du myriophylle est, rappelons-le, très rapide. On dit qu’il n’existe pas de moyen pour éliminer le myriophylle à épi et que les méthodes qui existent ne peuvent que ralentir son expansion.

Mieux vaut prévenir que guérir

Au départ, il faut donc connaître son principal moyen de dissémination, pour l’éviter. Et le grand coupable est… la circulation des bateaux entre les lacs ! Il y a bien sûr d’autres sources de contamination, mais celle-là est de loin la plus importante.

Par ailleurs, aux endroits où le myriophylle est déjà installé, il faut veiller à ne pas créer des conditions qui favoriseront sa prolifération :

  • on doit donc éviter de naviguer en eaux peu profondes, là où l’hélice des moteurs pourrait sectionner les tiges,
  • éviter aussi de répandre des engrais pour pelouse qui se retrouveront dans le lac et, bien entendu,
  • s’assurer d’avoir un système septique conforme aux normes environnementales.

Quelques vecteurs de contamination par le myriophylle à épi

  • Les plaisanciers (bateaux, chaloupes, canots, kayaks, moto marines, etc.)
  • Les hydravions
  • Les pêcheurs et les chasseurs (bateaux, équipements de pêche et de chasse, seaux d’appâts, eau des viviers)
  • Les jardins d’eau en horticulture
  • Les oiseaux aquatiques (ex. : canards)

Pour plus de renseignements

Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Changements climatiques